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MAO par Jean-Marie Droisy, adhérent et élève au conservatoire

publié le mercredi 18 décembre 2019

La MAO a fait son entrée au conservatoire de Gennevilliers il y a déjà deux ans. Le succès est au rendez-vous et cette troisième saison s’annonce prometteuse sous la souris magique de Daniel Desmoulins qui nous a accordé cette interview. Résumé.

Daniel, qu’est-ce que la MAO ?

La MAO, c’est faire de la musique avec un ordinateur. Ça permet de composer, d’arranger, d’orchestrer, d’avoir un orchestre à disposition ! Ce n’est pas réservé au rap ou aux musiques électroniques. Tous les styles de musique sont possibles. On peut aussi bien créer la musique d’un film qu’un jingle de dix secondes, faire de la prise de son, du montage audio, des émissions de radio, du Sound Design ou illustration sonore, préparer un album... Ça représente au moins sept métiers.
L’ordinateur, muni d’une carte son et d’un logiciel adéquat, en l’occurrence Logic Pro X, permet de programmer en midi, d’enregistrer et de traiter les sons.


Pourquoi avoir ouvert un cours de MAO au conservatoire en 2017 ?

La majorité des créations musicales actuelles se font sur ordinateur, par exemple : Beyoncé, Christine and the Quenn, Maître Gimms... Un "jeune" musicien pourra avoir ainsi à disposition quantité d’outils et d’instruments pour composer, mais aussi pour l’aider dans son apprentissage comme enregistrer cinq accords de piano, les faire tourner en boucle et s’exercer sur la gamme. C’était donc logique d’ouvrir cette formation. Nous avons été précurseur dans ce domaine.
Le succès est immédiat, les inscrits nombreux. Les élèves sont plutôt autodidactes, issus pour la plupart des musiques actuelles ; ils ont besoin de réaliser des maquettes, d’enregistrer leur groupe, d’apprendre et travailler l’harmonie. On y trouve aussi des instrumentistes.
En 2018, se sont ajoutés des élèves de la classe d’orchestration de troisième cycle qui peuvent ainsi mettre en pratique immédiatement ce qu’ils apprennent, également avec la NAO (notation assistée par ordinateur) qui est complémentaire.

Suite de cet article dans notre prochain numéro et vous saurez comment se déroulent les cours, les réalisations et les perspectives...

Comment se déroulent les cours ? Quelle est la diversité des réalisations ?

Au départ, c’est une sorte de tronc commun d’apprentissage du logiciel. Nous fonctionnons en atelier avec des exercices obligatoires : ré-harmoniser un thème de jazz ; refaire la bande son d’un morceau connu, en général "Hello" d’Adèle, où il s’agit de trouver la structure, les accords et de faire en sorte qu’on ait l’impression que la recréation sort de la radio ; faire de l’illustration sonore, c’est-à-dire prendre un film muet et réaliser tous les bruitages et éventuellement la musique ; créer un générique pour définir un climat sonore ; créer la musique d’une séquence de danse, ce qui paraît beaucoup plus difficile car cela nécessite des talents de compositeur que l’on peut aussi acquérir en travaillant.
Les élèves peuvent travailler également sur des projets personnels.

Obtient-on des résultats différents pour un même exercice ?

Les résultats sont extrêmement différents en raison des qualités techniques inégales, des qualités créatives et de la culture générale de chacun. Chaque élève produira un travail, une ambiance différente. C’est particulièrement intéressant et ça permet à chacun de se développer. La MAO est un superbe outil d’épanouissement musical.

Y a-t-il eu des réalisations remarquables au cours de ces deux ans ?

Oui, absolument, il y en a beaucoup. Une élève coréenne a fait des choses étonnantes, d’une musicalité et d’une délicatesse assez rares et typiques, en "pervertissant " la rigidité de l’ordinateur. Il y a eu également des orchestrations particulièrement réussies et inattendues à partir d’une simple partition de piano. Remarquable, ça dépend de l’élève, de son passé. On voit parfois des gens qui n’ont pas énormément de culture, de technique ou de savoir musical qui font une réalisation et tu te dis : "Ouah ! la vache, c’est étonnant qu’avec aussi peu de choses à la base il ait réussi à faire çà."
Dans un conservatoire, quand on attaque la composition, l’arrangement,... ça passe par le solfège, l’harmonie, le contrepoint, qui sont passionnants mais peuvent sembler rigides voire compliqués à un autodidacte qui veut créer des chansons, du rap...
L’ordinateur permet de travailler directement au son et d’entendre si la note est juste ou fausse. Certains ne l’entendent pas et c’est aussi une grande surprise ! C’est un travail très spontané qui fait sortir des musiques immédiatement, ce qu’on ne parviendrait pas à faire sous l’œil exigeant d’un musicien capé.

Quel bilan et perspectives après ces deux premières années ?

J’ai vu des productions intéressantes qui amènent le besoin de pérenniser cet enseignement.
Les attentes du public actuel semblent largement comblées. J’aimerais développer et approfondir le travail du Sound Design. Je suis satisfait des exercices qui donnent parfois d’excellents résultats mais aimerais voir apparaître des maquettes de groupe, des maquettes de chansons, des choses qui pourraient avoir une activité musicale plus suivie, voire professionnelle. Les ateliers sont faits pour ça.
A partir de cette année, il est possible de rentrer en cours de saison, au début de chaque trimestre et en fonction de son niveau.

La salle de MAO est équipée de huit postes de travail pour les élèves comprenant un Mac Mini, un clavier midi, un boîtier son et un casque professionnel. Le professeur dispose de son propre poste de travail avec grand écran, écoute amplifiée pour tous, vidéo-projection, clavier midi 88 touches.

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