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Christophe Roger Professeur de Formation musicale au conservatoire

Cet entretien a permis de mettre en lumière les multiples facettes de ce professeur, de Formation musicale au conservatoire depuis septembre 1991 (23 ans), au parcours bien rempli et à la vie débordante d’activités.

publié le jeudi 16 octobre 2014

Ses débuts, premiers souvenirs musicaux et parcours :

Christophe Roger a débuté la musique à 11 ans au moment de la création de l’école de musique de Chépy, petit village situé dans la Somme.
Son père était clarinettiste amateur et jouait dans la fanfare du village. Christophe Roger a fréquenté très jeune le théâtre municipale où il a découvert l’opérette.
Il commence par la chorale et le solfège. Le choix des instruments est alors limité aux instruments à vent et Christophe Roger opte pour le trombone. Son premier professeur était le père de Patrice Hic.
Adolescent, il fait ses études au lycée de Rouen où, après une seconde générale, il choisit de poursuivre en première à horaires aménagés « musique ». C’est à ce moment qu’il découvre l’analyse musicale, l’histoire de la musique, l’harmonie… qui s’avèrent être une véritable révélation pour lui. L’étude de l’harmonie et de l’écriture le fascine. « Un monde merveilleux », voir « magique » s’offre à lui. Cette passion est encore et toujours d’actualité.
Paradoxalement, la matière qui lui donne du fil à retordre est le solfège. Transmise alors comme un strict exercice de « virtuosité acrobatique », il vit mal ces moments durant lesquels il se retrouve confronté à des enfants ayant l’oreille absolue. Pour être à la hauteur, il se débrouille par lui-même et se forge ses propres outils. C’est pour lui, un véritable défi personnel. Son envie de comprendre et de percer le secret afin de savoir comment tout cela fonctionne devient son moteur.
Il découvre la « Turangalîla-symphonie » de Messiaen avec un autre professeur de solfège, également organiste, et est charmé par les couleurs luxuriantes déployées notamment au niveau harmonique. L’écoute du « Prélude à l’après-midi d’une faune » de Debussy est aussi une découverte marquante.
Son rêve d’alors : jouer du trombone dans un orchestre. Mais après le Bac, sa pratique de l’instrument régresse. A des difficultés « physiques » dans son rapport au trombone s’ajoute une dégradation des relations avec son professeur qui ne le voit plus progresser. En parallèle, Il poursuit et s’investi dans les cours d’écriture qui le passionnent.
Arrive le moment d’effectuer son service militaire. Il rentre à Rueil-Malmaison dans les Musiques des Troupes de Marine et s’inscrit dans le même temps au conservatoire de cette ville. Son nouveau professeur de trombone est Marcel Galiègue (trombone solo à l’Orchestre de Paris). C’est lui qui redonne les clefs à Christophe Roger lui permettant ainsi de progresser à nouveau.
Ensuite, tout s’enchaîne et s’accélère.

Suite logique, il obtient son 1er Prix de trombone aux conservatoires de Rouen et Rueil-Malmaison en 1979. Et poursuit les cours d’écriture à Rouen, où il décroche son 1er Prix d’Harmonie (1979).
A 22 ans, son professeur de trombone lui demande ce qu’il souhaite faire exactement et lui conseille de poursuivre l’écriture pour laquelle Christophe Roger consacre déjà plus d’énergie et de temps.
Après son service militaire, il passe le concours de « Maître délégué » à la Ville de Paris et y effectue trois mois comme professeur de musique.
En juillet 1980, le directeur du conservatoire de Rueil-Malmaison le contacte pour lui proposer un poste d’assistant de Formation musicale suite à sa réussite au Diplôme de Fin d’Etudes de Solfège. Il démissionne donc de Paris et se consacre à l’enseignement de la Formation Musicale (20h/semaine) tout en continuant l’écriture.
En 1981, il entre au CNSM de Paris dans la classe de Jeanine Rueff. Il obtient son Prix d’Harmonie en 2 ans, puis son 1er Prix de Contrepoint (classe de Bernard de Crépy), son 1er Prix de Fugue (classe de Marcel Bitsch) et, en 1985, son 2nd Prix d’Analyse (classe de Jacques Castérède).
Jean-Michel Ferran (directeur du conservatoire du 12ème arrondissement de Paris) incite Christophe Roger à se présenter dans la classe d’Odette Gartenlaub pour préparer le CA de Formation musicale en tant qu’auditeur libre. Il s’y consacre complètement et sans interruption pendant un an et l’obtient en 1986.
De 1986 à 1987, il travaille l’orchestration dans la classe de Serge Nigg. A 30 ans, Christophe Roger arrive à saturation et décide d’arrêter les concours.
Entre-temps, il avait obtenu la création en 1983 d’une classe d’orchestre d’harmonie au conservatoire de Rueil-Malmaison, ce qui était assez rare à l’époque. Il s’est donc retrouvé professeur à mi-temps en classe de Formation musicale et à mi-temps en classe d’ensemble instrumental. Ce qui est toujours d’actualité au conservatoire de Rueil-Malmaison.
En 1989, Michel Get, le directeur de l’école municipale de musique d’Abbeville, décède brutalement. Il s’avère qu’il fut aussi professeur à l’école de musique de Chépy où Christophe Roger fit ses premières armes. Après avoir remporté le concours, il prend la direction de l’école de musique d’Abbeville de 1989 à 1991 et de l’Harmonie municipale.
En 1991, il démissionne d’Abbeville sans avoir pour autant complètement quitté Rueil-Malmaison. Cette même année, Il est sollicité afin de pourvoir des heures de Formation musicale en direction des classes de Supérieurs (5h) à l’ENM de Gennevilliers. Depuis, il y propose également un cours de « commentaire d’écoute » destiné essentiellement aux étudiants.

Pour résumer, Christophe Roger partage actuellement son temps entre Rueil-Malmaison, Gennevilliers et Lommoye (Yvelines). A Reuil-Malmaison, il a en charge les classes de Formation musicale pour les grands niveaux, d’orchestre, d’orchestration, de musique de chambre en direction des cuivres et de l’Orchestre à l’école (depuis 2 ans). Depuis 10 ans, il dirige à Lommoye un chœur amateur de 35 personnes : l’Ensemble Sopaltéba.

Son idée de la pédagogie ?

Sa pédagogie manifeste son côté perfectionniste et particulièrement tenace d’abord à l’égard de lui-même et aussi envers ses élèves. Il considère que tout le monde peut y arriver à son propre rythme et se sent très concerné lorsqu’un élève n’y arrive pas.
Il ne se lasse pas de faire découvrir l’univers de l’harmonie et de faire partager la magie de ce monde de couleurs.
La richesse de l’échange dans l’apprentissage est aussi un facteur important de sa pédagogie. Sur le rythme, par exemple, qu’il a travaillé de son côté avec acharnement, il en a aussi beaucoup appris avec ses étudiants de nationalités et d’horizons différents.
Christophe Roger se considère comme un « artisan » car il continue d’avancer personnellement. Selon lui, le professeur ne doit pas être au centre du cours. Il est un « guide » qui accompagne les élèves sur le chemin qu’ils doivent eux même se frayer. En résumé : « On se forme soi-même » et le professeur n’est pas là pour faire tout le travail.
Pour lui, la Formation musicale (ou le « solfège ») n’est pas une matière à part entière. Elle est avant tout au service de la musique en tant qu’outil technique et de culture (découverte de styles et de compositeurs différents). Lors d’une réalisation en Formation musicale, il est primordial que l’élève veille à adopter une « attitude de musicien ». Quelque soit la difficulté technique abordée, il faut d’abord penser au rendu musical. L’intérêt en la matière est de toujours « penser musique » afin que le passage à l’instrument se fasse naturellement.

Voici les œuvres, compositeurs et artistes de références qui ont marqué Christophe Roger :

Les Symphonies, les Oratorios : « Die Shöpfung » (La Création) et « Die Jahreszeiten » (Les Saisons), les 24 Menuets… de J. Haydn ; le « Requiem » de J. Brahms ; Les Symphonies de L. van Beethoven interprétées par . Harnoncourt ; Les Symphonies de F. Schubert interprétées par K. Böhm ; le « Concerto pour violon » et « Gennevilliers Symphonie » de Bernard Cavanna ; A. Ginastera ; S. Revueltas ; H. Dutilleux…

Et en vrac :

Les pianistes de jazz Daniel Goyone et Jacky Terrassons ; le contrebassiste Avishaï Cohen ; les compositeurs de musique de film B. Herrmann, N. Rota et G. Delerue…

Ses « coups de cœur » du moment (musique, livre, cinéma…)

Côté littérature : « Millenium » (2005-2007) de Stieg Larsson ; les polars du suéduois Mons Kallentoft
Côté cinéma : « Marius et Jeannette » (1997) de Robert Guédiguian ; E. Rohmer ; F. Truffaut
Côté musique : « Alcina » opéra de G.F. Haendel donné début 2014 à l’Opéra Garnier dans une mise en scène de R. Carsen avec Ch. Rousset à la direction.

Actualités et évènements à ne pas manquer

3 programmes dirigés par le grand chef d’orchestre néerlandais Bernard Haitink :

« Symphonies N°3 & N°4 » et « Concertos pour piano N°1 & N°2 » de J. Brahms par le Chamber Orchestra of Europe avec le pianiste Emmanuel Ax à la Salle Pleyel les 24 et 25 novembre 2014.

« Concerto pour clarinette et orchestre » de W.A. Mozart et « Symphonie N°9 » de A. Bruckner par l’Orchestre National de France avec la clarinettiste Patrick Messina à la Maison de la Radio le 23 février 2015.

Article et photos de Florence Olaya Cannon

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